- Introduction (Humains et grands singes)
- Chimpanzé
- Bonobo
- Gorille
- Orang-Outan
- Taxinomie des grands singes
- Cultures primates
- Histoire : Humains et grands singes, une longue histoire commune
orangs-outans
Pongo pygmaeus et Pongo abelii
Sous-espèces : Ile de Bornéo (Indonésie et Malaisie)
Orang-outan de Bornéo/Bornean Orangutan
Pongo pygmaeus
- Northwest bornean Orangutan (Sarawak, Malaisie – Nord-Est de/Northwest Kalimantan, Indonésie) : Pygmaeus pygmaeus ssp. Pygmaeus, Linnæus, 1760
- Central bornean Orangutan (Sud-ouest de/Southern west Kalimantan, Indonésie – Central Kalimantan, Indonésie) : Pygmaeus pygmaeus ssp. Wurmbii, Tiedemann, 1808
- Northeast bornean Orangutan (Est de/East Kalimantan, Indonésie – Sabah, Malaisie) : Pygmaeus pygmaeus ssp. Morio, Owen, 1837
Sous-espèce : Ile de Sumatra (Indonésie)
Orang-outan de Sumatra/Sumatran Orangutan
Pongo pygmaeus ssp. abelii
Taille – Mâle : 97 à 150 cm/Femelle : 78 à 120 cm. Poids – Mâle : 61 à 87 kg/Femelle : 37 à 56 kg. Espérance de vie – En milieu naturel : 58 ans (mâle)/53 ans (femelle) à 60 ans. Gestation – Environ 9 mois, 227-275 jours (260 jours en moyenne). Intervalle entre les naissances – 6 à 7 ans (orang-outan de Bornéo)/8 à 9 ans (orang-outan de Sumatra). Génération – Estimée à 20 ans. Enfant : de la naissance à 4 ou 5 ans – Juvénile : 4 à 8 ans – Adolescent : mâle : 8-13 ans/femelle : 8-15 ans – Sub-adulte : mâle : 13-18 ans – Adulte : mâle : 18 ans/femelle : 15 ans.
Maturité sexuelle – Femelles (orang-outan de Bornéo) : 10 à 15 ans. Première mise bas : en moyenne à 15 ans (orang-outan de Sumatra).
Habitat – Forêts tropicales humides.
Statut IUCN (International Union for Conservation of Nature and Natural Ressource) :
- Les orangs-outans de Bornéo sont en danger d'extinction. Leur population est estimée entre 45000 et 69000 individus (lors des 60 dernière années, 50 % de leur population a disparu).
- Les orangs-outans de Sumatra sont en danger critique d'extinction. On estime qu'il reste environ 7300 individus (lors des 75 dernières années, 80 % de leur population a disparu).
Menaces – Destruction et fragmentation de l'habitat (exploitations forestières et minières, agriculture), braconnage, chasse, trafic d'animaux, production d'huile de palme (qui cause sans doute 5000 disparitions d'orangs-outans par an), feux de forêt, guerres civiles.
Organisation sociale – Les orangs-outans sont dits « semi-solitaires » ou sont décrits comme ayant une « socialité éclatée ». Ils vivent cependant dans des réseaux sociaux complexes qui impliquent les différents membres d'une communauté géographique. Les femelles adultes sont généralement accompagnées par un petit ou un juvénile. Il arrive également qu'elles passent du temps avec leur mère ou leur soeur. Les petits dorment dans le même nid que leur mère jusqu'à 7 ou 8 ans. Leur enfance dure au moins 5 ans.
Divers –
Les orangs-outans sont les plus arboricoles des grands singes et les plus grands des animaux de la canopée. Lors de leurs déplacements, ils sont extrêmement prudents : ils pratiquent le « three by three », ne lâchant une prise que lorsque les trois autres sont assurées. Les orangs-outans de Sumatra sont presque exclusivement arboricoles : les femelles ne se déplacent en principe jamais de manière terrestre, les mâles le font très rarement (contrairement aux mâles orangs-outans de Bornéo qui descendent plus souvent au sol). Leurs membres inférieurs sont plus forts et une fois et demi plus long que les supérieurs. Il existe un grand dimorphisme sexuel entre femelles et mâles. Les mâles orangs-outans sont les seuls des grands singes qui connaissent deux stades de développement à l'âge adulte (bimaturism). Les mâles dominants sont deux fois plus grands que les femelles. Ils possèdent un disque facial (qui apparaît entre les âges de 15 à 20 ans) constitué de masses graisseuses situées au niveau des joues, ainsi qu'une poche ou sac laryngien (qui peut contenir plusieurs litres d'air). Ils se montrent intolérants et agressifs vis-à-vis des autres mâles. Leur dos est revêtu d'un manteau de longs « cheveux » foncés. Ils sont connus pour émettre un son, très grave et profond, appelé « long call ». En milieu naturel, les longs cris sont émis en moyenne quatre fois par jour, plus rarement la nuit. Ils portent à un kilomètre à la ronde et sont propres à chaque individu. Ils peuvent être spontanés, associés à des démonstrations de force, liés à des perturbations de l'environnement ou à des moments où le mâle est énervé. Ces sons et leur débit d'émission sont modulés en fonction des situations. Les femelles réagissent de manière différente selon les signaux émis par les mâles matures.
Lorsqu'ils n'ont pas atteint ce stade de maturité, les mâles orangs-outans adultes ont la taille d'une femelle adulte. Tolérants vis-à-vis des autres mâles, ils ne développent pas de disque facial, ni n'émettent de long calls. Ils contribuent cependant eux aussi à la reproduction, mais en utilisant des stratégies d'approche différentes de celles des dominants.
Les orangs-outans consomment des fruits (durians, jackfruits, lychees), des feuilles, des fleurs, des bourgeons, des écorces, des insectes (termites et fourmis) et des petites proies (par exemple, le loris). Ils sont cependant avant tout frugivores : les fruits constituent 60 % de leur régime alimentaire et interviennent dans différentes dimensions de leur existence (aires de distribution, déplacements saisonniers, pharmacopée, comportements sociaux et reproductifs). Leur régime comprend plus de 500 espèces végétales. Les orangs-outans sont décrits comme les « jardiniers de la forêt ». Ils jouent en effet un rôle essentiel concernant la dispersion des semences. Leur bouche, leurs lèvres et leur langue sont extrêmement sensibles et leur permettent de tester les aliments avant de les consommer. Ils utilisent leur bouche comme un cinquième membre (cf. La trompe chez l'éléphant). Les ressources étant rares et difficiles d'accès dans leur environnement, ces primates ont développé des techniques d'extraction de nourriture, nombreuses et complexes. Dans les zoos, ils sont connus pour leur « génie mécanique ».